Les 8 secrets de l’innovation en 2021

L’année 2021 s’annonce prometteuse tant pour l’innovation que pour les investissements (cf. “2021: un nouvel âge d’or pour la Suisse?”).

Dès lors, la question se pose: “Quelles seront les valeurs clé au coeur du prochain cycle d’innovation?”

1) Restructuration des chaînes d’approvisionnement – Les startups, les acteurs majeurs du marché et les états-nations eux-mêmes devront restructurer leurs chaînes d’approvisionnement. Le Covid nous a montré que le fait de dépendre d’un pays lointain pour ses ressources n’est plus un modèle viable. Que se passe-t-il le jour où le pays en question ne peut ou ne veut plus fournir les matières premières, l’énergie ou même le matériel médical dont nous dépendons?

2) Consommation locale – Ce trend, déjà fortement implanté dans le secteur de l’alimentation, gagne du terrain dans toutes les industries. Après tout, ce que le consommateur économise sur un objet “Made in China” par rapport à son équivalent “Made in Switzerland”, il devra le rembourser via les charges sociales versées aux chômeurs dont les emplois ont été délocalisés.

3) Consommation durable – Cela rime souvent avec consommer local.Popularisée dans les années 90, la notion d’obsolescence programmée est présente dans les esprits, mais les tentatives de produire des objets durables sont encore timides. Comme on dit, “Acheter bon marché, c’est acheter deux fois”.

4) Élargissement du public-cible – Les Suisses n’ont jamais autant consommé en ligne. Logique, vu le confinement. De même, l’e-commerce explose dans les pays émergents, ce qui est bon signe pour les exportateurs suisses, connus pour leurs produits de précision et de haute qualité. Cela signifie qu’il est temps d’élargir son public-cible: créer des produits pour le marché en ligne implique de créer des produits qui parlent au plus grand nombre.

5) Décentralisation du travail – Le modèle classique du travail, qui prévalait jusqu’à présent, a été fortement remis en cause par la pandémie du Covid-19. Élaboré au 19è siècle, ce modèle suppose la centralisation des forces de production sur le “lieu de travail”. Or, jusqu’à récemment, les possibilités de travailler en réseau étaient limitées. Un machiniste ou un chirurgien ne peuvent pas travailler en ligne (bien que ce soit en train de changer). Mais qu’en est-il des professions dites de bureau, ou de tout travail fondé sur le traitement et le partage d’informations? La situation est bien différente. La décentralisation du travail par l’utilisation d’applications destinées à la communication audio-visuelle sera un aspect majeur de cette prochaine décennie.

6) Renforcement de la créativité et du travail de groupe Désormais, l’acte de travailler ne doit plus être une sorte de passe-temps alimentaire dont on souffre en silence. Notre expérience du travail, à la suite de notre mode de vie, est en train de changer. Pour les startups, ce changement signifie un renforcement de la créativité et du travail de groupe en vue d’un but commun. C’est un modèle plus horizontal et moins hiérarchique du travail, dans lequel on s’investit au nom d’une idée plus que d’une nécessité. Démultipliée par la communication en ligne, ce type de structure de production fait ses premiers pas dans le cadre du crowdfunding.

7) Contexte de création du produit – Cela implique un travail de fond sur les identités de marque et leur vision. L’équilibre entre la valeur de prestige (contribution à l’image personnelle de l’utilisateur) d’un produit et sa dimension idéologique (contribution à la bonne conscience, par exemple en achetant durable ou local) est en train de changer. La compétition entre marques est de plus en plus orientée sur ce second aspect, ce qui implique une diminution du premier. Ainsi, le positionnement de la marque devra miser de manière croissante sur le contexte de création du produit, c’est-à-dire la provenance des matériaux qui le compose, celle de son concept et son impact écologique, et de moins en moins sur sa valeur-prestige, qui est annexée par la “valeur-conscience”.

8) Dimension écologique – Au centre de toutes les discussions, le changement climatique suscite la terreur ou le cynisme. Il est certain que l’impact écologique d’un produit sera de plus en plus déterminant pour l’acheteur. Or, consommation locale et durabilité permettent d’exaucer ce souhait. La dimension écologique des produits prend ainsi de plus en plus d’importance pour les consommateurs, ce qui manifeste en pratique l’aspect “valeur-conscience” du cycle de consommation.

Pour résumer, on pourrait regrouper tout cela sous la trinité: durabilité, économie locale et haute-technologie.

M.H. pour AZNA